TURQUIE. 5 questions sur le blocage de Twitter

TURQUIE. 5 questions sur le blocage de Twitter

Amandine Schmitt

Par Amandine Schmitt

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Publié le 21-03-2014 à 12h55

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La Turquie a bloqué jeudi soir l’accès à Twitter, quelques heures après la publication d’enregistrements d’écoutes mettant en cause le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Source: http://tempsreel.nouvelobs.com/vu-sur-le-web/20140321.OBS0770/turquie-5-questions-sur-le-blocage-de-twitter.html

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan délivre un discours lors de l'inauguration d'une ligne de métro, le 13 mars 2014, à Ankara. (AFP PHOTO/ADEM ALTAN)Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan délivre un discours lors de l’inauguration d’une ligne de métro, le 13 mars 2014, à Ankara. (AFP PHOTO/ADEM ALTAN)

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Pourquoi la Turquie a-t-elle bloqué Twitter ?

"Nous allons supprimer Twitter. Je me moque de ce que pourra dire la communauté internationale", a lancé Recep Tayyip Erdogandevant des milliers de partisans lors d’un rassemblement électoral jeudi 20 mars, à dix jours du scrutin municipal. "Ils verront alors la force de la Turquie", a-t-il ajouté.

Erdogan a mis sa menace à exécution quelques heures après, en représailles à la publication d’enregistrements d’écoutes téléphoniques le mettant en cause dans un scandale de corruption.

Comment la Turquie a-t-elle procédé ?

Sur le site de l’autorité des télécoms turcs (TIB), on peut trouver l’énoncé de quatre décisions de justice sous la référence "twitter.com" suggérant qu’une décision officielle a été prise dans le sens de cette interdiction. L’une des quatre décisions citées affirme ainsi qu’"une mesure de protection a été prise à l’égard du site twitter.com à la suite d’une décision du bureau du procureur général d’Istanbul et qu’elle a été mise en oeuvre par la TIB.

La nouvelle de l’arrêt de Twitter n’a pas été confirmée officiellement par le gouvernement d’Ankara.

Quelles sont les réactions à cette interdiction ?

La commissaire européenne en charge des Nouvelles technologies, Neelie Kroes, a vivement dénoncé, précisément sur Twitter, dans la nuit de jeudi à vendredi cette annonce. "L’interdiction de Twitter en Turquie est sans fondement, inutile et lâche. Le peuple turc et la communauté internationale verront cela comme une censure. Ce qui est bien le cas", a-t-elle affirmé.

Plus surprenant, le président turc Abdullah Gül a lui-même réagi au blocage sur Twitter, contournant de fait l’interdiction. "Les réseaux sociaux ne peuvent être complètement fermés", a-t-il écrit ce vendredi 21 mars puis "j’espère que cette pratique ne durera pas trop longtemps".

Selon le "New York Times", l’association des avocats turcs a demandé la levée de cette interdiction, soulignant qu’elle était "anticonstitutionnelle" et qu’elle violait les droits de l’homme turcs et européens.

Peut-on contourner cette interdiction ?

Le "Hurriyet Daily News" rapporte que 17.000 tweets à la minute en provenance de Turquie ont été publiés après l’interdiction, la plupart évoquant justement cette interdiction.

Le réseau social a lui-même indiqué comment contourner le blocage via le service texte du réseau de téléphone mobile. Le message a été retweeté par Jack Dorsey, l’un des fondateurs de Twitter.

Pour brouiller les données d’identification et donc la localisation de l’ordinateur, les internautes turcs peuvent aussi se servir d’un VPN (virtual private network) ou de programmes comme Tor.

Ils peuvent aussi changer leur DNS (Domain Name System, système de noms de domaine), en passant par OpenDNS ou Google DNS, ou en suivant les instructions publiées par Wikileaks. Par exemple, dans cette vidéo en anglais, on explique comment procéder pour les systèmes iOS :

A Istanbul et à Kadiköy, des numéros de DNS ont été tagués dans les rues.

Quel contrôle d’internet fait la Turquie ?

"Nous sommes résolus à ne pas laisser le peuple turc être esclave de YouTube et Facebook", avait-déclaré Recep Erdogan lors d’un entretien télévisé au début du mois, "nous prendrons les mesures nécessaires, quelles qu’elles soient, y compris la fermeture". Le président Abdullah Gül avait toutefois écarté cette menace : "YouTube et Facebook sont des plateformes reconnues dans le monde entier. Une interdiction est hors de question".

La Turquie vient de voter une loi qui renforce le contrôle d’internet, entraînant une vague de désabonnement du compte Twitter du président. Ce texte a été dénoncé comme "liberticide" en Turquie comme dans plusieurs capitales étrangères, notamment à Bruxelles et à Washington.

Le Turquie est considérée par les ONG de défense des libertés comme un des pays les plus répressifs en matière de contrôle du Web. YouTube a été bloqué une première fois en 2007, puis en 2008 et en 2010.

Le pays, qui compte plus de dix millions d’utilisateurs de Twitter, a interdit l’accès à des milliers de sites ces dernières années. Selon le dernier rapport de transparence de Google, il détient le record mondial du nombre de demandes de retrait de contenus, avec plus de 9.610 au cours de la première moitié de 2013.

Amandine Schmitt (avec agence) – Le Nouvel Observateur.

http://tempsreel.nouvelobs.com/vu-sur-le-web/20140321.OBS0770/turquie-5-questions-sur-le-blocage-de-twitter.html

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